Clément PEQUAY

Industrie électronique : que s’est-il passé en 2025 ?

Industrie électronique : que s’est-il passé en 2025 ? Revue de presse 16 avril 2024 En 2025, l’industrie électronique européenne a avancé sur deux fronts à la fois. D’un côté, l’exécution concrète de la politique industrielle — avec des projets de capacités, des statuts accélérateurs et une trajectoire réglementaire qui se précise. De l’autre, une réalité opérationnelle plus contrastée : marché des composants encore heurté, visibilité de commandes parfois courte, et recomposition rapide du paysage EMS en Europe. Contexte de marché en 2025 L’année s’est structurée autour d’un enjeu de souveraineté industrielle « praticable » : raccourcir des délais, sécuriser des capacités, réduire des dépendances — sans promettre un retour immédiat à une croissance linéaire. Sur le cycle des composants, certains indicateurs montrent un redémarrage séquentiel mais pas encore une reprise franche en glissement annuel, avec une normalisation progressive des stocks et des dynamiques sectorielles inégales. Côté sous-traitance, la demande en Europe apparaît en retrait sur le premier semestre, tandis que les opérations de consolidation (M&A) accélèrent, notamment au sein des acteurs nordiques et des groupes cherchant une taille critique paneuropéenne. À retenir Le Chips Act passe du cadre à l’exécution : financement, statuts IPF/OEF, plateforme de conception, et consultation pour une adaptation du dispositif. Les capacités européennes avancent sur la puissance/analogique, tandis que certains méga-projets reculent, rappelant le poids des calendriers industriels. La dépendance aux matières premières critiques reste un point dur : le CRMA fixe des objectifs chiffrés à 2030 et met la chaîne complète (processing, aimants, recyclage) au centre. Le marché EMS européen combine baisse/stagnation et consolidation : pression sur la performance, arbitrages d’empreinte industrielle et intégrations complexes. La conformité « data-driven » monte d’un cran : le passeport numérique de produit place la traçabilité et les données matière au cœur des échanges supply chain. Synthèse : les 10 signaux qui ont marqué 2025 Éolane : du “stade avancé” à l’acquisition d’activités significatives par Cicor La consolidation EMS en France a été dominée par le dossier Éolane/Cicor. Début mars 2025, Electroniques indique que Cicor confirme être à un “stade avancé” de discussions avec Éolane France et les autorités compétentes. Le Tribunal de grande instance de Paris ouvre le 3 mars 2025 une procédure de redressement judiciaire pour plusieurs entités (Éolane France, Angers, Combrée, Valence), et les offres sont déposées au tribunal. Le périmètre mentionné inclut cinq sites de production en France et deux sites au Maroc ; l’article évoque une augmentation de chiffre d’affaires de près de 131 millions d’euros pour Cicor si la transaction est finalisée.   Fin avril, Evertiq (édition France) rapporte l’acquisition d’“activités significatives” d’Éolane par Cicor, approuvée par le Tribunal de commerce de Paris. Le périmètre intègre cinq sites d’ingénierie et de production en France et deux sites au Maroc, ajoutant “environ 890 employés”, ainsi qu’un chiffre d’affaires additionnel cité (125 millions de francs suisses).   EMS en Europe : baisse au S1, consolidation accélérée, taille critique recherchée Au-delà du cas français, 2025 expose un double mouvement dans l’EMS européen : un marché décrit en baisse/stagnation, et une consolidation active. L’analyse présentée lors d’Evertiq Expo Gothenburg (4 septembre 2025) et relayée par Evertiq fait état de baisses en glissement annuel au premier semestre 2025 : -6,6% pour les entreprises de plus de 50 M€ de revenus annuels (dans l’échantillon) et -12,7% pour les plus petites. L’article mentionne aussi un décrochage marqué entre les deux semestres 2024 (-10,8%), puis une légère hausse au début 2025 (+3,1%) et une prévision modeste pour le second semestre (+0,9%), suggérant un profil plutôt “plat” à l’échelle de l’année. L’Allemagne représente environ la moitié des revenus reportés, et des différences régionales sont relevées, avec un rebond plus favorable en Suisse et en France “au début 2025” selon l’article. Dans ce contexte, les opérations M&A 2025 prennent une place structurante. Evertiq rapporte l’accord de Hanza pour acquérir BMK Group (Augsbourg), présenté comme un prestataire EMS de 1 500 personnes, avec des activités en Allemagne, une filiale en République tchèque, une unité de sourcing en Chine, et une activité estimée à SEK 3,3 milliards (≈ 299,2 M€) en ventes 2025, pour une marge opérationnelle citée à 7,3%. Evertiq rapporte également l’intention de Cicor d’acquérir TT Electronics (Royaume-Uni) dans un deal valorisant l’action TT à 155 pence (100 pence en numéraire + 0,0028 action Cicor par action TT), pour une valeur des fonds propres indiquée d’environ CHF 303 M (GBP 287 M / EUR 326 M). Pris ensemble, ces éléments décrivent une année où la taille, l’empreinte industrielle et la capacité d’intégration deviennent des variables centrales du paysage EMS européen. Chips Act : des usines qui entrent en phase d’exécution En 2025, un signal fort est venu d’Allemagne avec l’approbation finale du financement de la “Smart Power Fab” d’Infineon à Dresde. L’article indique un investissement total de cinq milliards d’euros, environ 1 000 emplois attendus, un soutien public d’un milliard d’euros mobilisant à la fois l’European Chips Act et un PIIEC microélectronique/technologies de la communication, et un démarrage de production attendu en 2026. Ce type de projet illustre le cœur du sujet européen tel qu’il apparaît dans les sources : sécuriser des capacités de production sur des technologies industrielles clés (notamment puissance) et transformer un cadre politique en calendrier industriel. Statuts IPF/OEF : accélérer, mais avec des obligations en cas de crise Autre jalon 2025 : la Commission européenne accorde pour la première fois des statuts “production intégrée” (IPF) et “fonderie ouverte de l’UE” (OEF) à quatre projets. Les textes soulignent le principe d’un accès prioritaire à un soutien administratif et à une simplification des procédures, en contrepartie d’une obligation : accepter et traiter des commandes prioritaires en situation de crise. Dans ce cadre, la fonderie européenne ESMC (cofondée par TSMC, Bosch, Infineon et NXP) obtient le statut OEF, avec une production qui “devrait atteindre 480 000 wafers d’ici 2029” et un modèle de fonderie ouverte, y compris pour des clients non actionnaires. Le statut IPF est attribué à ams-Osram, Infineon et STMicroelectronics, avec des périmètres technologiques différenciés : l’article cite

Industrie électronique : que s’est-il passé en 2025 ? Lire la suite »

Retour en haut